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Malgré la pluie et le froid, je suis partie enthousiaste à la redécouverte des bazars de Noailles. Ces devantures colorées et éclectiques qui débordent sur les trottoirs, véritables cavernes d'Ali Baba (ne craignons pas le cliché), ont toujours exercé sur moi une fascination irrésistible. L'idée de recueillir les impressions des passant.es sur ces lieux emblématiques et leur lien avec la cuisine me semblait presque évidente. Quelle naïveté ! Aborder des inconnu.es dans la rue s'est révélé être une véritable galère. Mais les bazars de Noailles méritaient bien quelques efforts et un numéro d'Ingrédient. Vestiges d'un commerce d'antan perpétué par des commerçants issus des différents flux migratoires qui irriguent notre ville (je n'ai pas dit submersion !), récupéré par la grande distribution et la gentrification, ils font appel à notre imaginaire collectif et s'ancrent dans le paysage urbain du centre-ville marseillais. Les bazars sont populaires pour leurs prix bas, mais aussi pour le plaisir de la flânerie ou
l'assurance de trouver à coup sûr l'objet convoité. Les bazars de Noailles font partie de ces rares lieux où se côtoient des clientèles socialement diversifiées qui communient dans l'acte de consommer, parce que chacun peut y trouver son bonheur, du plus utile au plus futile. Ils restent difficilement définissables (chacun.e y va de son bazar). « On y trouve tout pour la maison, et pas cher », tel est le consensus qui pourrait se dégager. Pas grand chose à voir avec la cuisine... Ce numéro d'Ingrédient fait donc la part belle aux bazars, tout en proposant quelques recettes qui reflètent la diversité des saveurs et des cultures qui s'y croisent. Et vous, c'est quoi votre définition du bazar ?
Mars 2025 / Textes : Véronique Manry / Illustrations : Zoé Sinatti / Maquette : Zoé Sinatti / Corrections : Claire Moynier / Impression : CCI / Soutien : Ville de Marseille